Deutsch (DE-CH-AT)   English (United Kingdom)   Türkçe(Tr)   Français(Fr)   Italiano(Italy)

 

LA GRANDE FRANCE


Mes expériences avec la France commençaient très tôt. J´y étais la première fois à l´âge de dix ans à l´occasion d´une visite à Strasbourg en Alsace où toute notre classe allait voir la crèche provençale. Un an plus tard notre école bilingue organisait un échange avec une école à Lyon. Ma correspondante s´appellait Claire Garreau et elle était véritablement une fille adorable. Avec sa famille - sa soeur Isabelle et ses parents Pierre et Marie - nous faisions des tours en Camargue et même du ski sur la Rhône ou bien la Saône. Claire était toujours drôle et elle savait dessiner des bandes dessinées, surtout Astérix et Obélix et le chat Garfield. Elle me les donnait comme présent et je les ai toujours dans mes dossiers d´art.

En classe, nous discutions un jour la politique en Allemagne et je racontais qu´il n´y avait pas mal d´extrémistes de la droite. Une vive discussion se déroulait et je me rappelle bien de l´atmosphère qui regnait en classe. A l´époque on parlait très peu du Front National en France. La première fois que j´en entendais parler était à Paris quand j´étais chez ma deuxième famille d´échange qui venait de l´Alsace-Lorraine. La famille de Sophie était plutôt conservatrice et on voyait des photos avec Valéry Giscard D´Estaing dans leur salle de séjour. On préparait le déjeuner et le dîner ensemble et nous avions toujours une salade verte à la fin du menu. Anne-France, la mère de Sophie, était institutrice. C´était une drôle coincidence car ma mère aussi avait la même profession. L´école s´appelait Madeleine Danielou et j´y rencontrais aussi les amis de Sophie qui s´appellaient Delphine et Florence que tout le monde nommait "Flo".

Dans cette période j´écrivais beaucoup de lettres en français et j´ai gardé toutes celles de mes correspondantes. Nathalie m´écrivait de Lyon et me racontait de ses aventures ainsi que de ses études de sciences politiques.

Pour moi, la France était toujours comme une deuxième patrie parce que je la connaissais tellement bien de ce que j´avais appris en classe chez Madame Spresny. Elle était célibataire et vivait dans une maison jaunâtre avec ses parents. Elle était assez autoritaire et attendait de chacun de nous que nos cahiers soient bien en ordre. Ma première note était très bien, la deuxième pas mal non plus, mais la troisième par contre était la plus mauvaise dans toute la classe et j´en étais assez paralysée. Dès lors, mon père m´aidait à améliorer mes notes car il parlait très bien français. Il avait travaillé à Dijon comme dessinateur et connaissait bien la France et surtout Paris. Comme il avait étudié de l´art il avait un grand intérêt dans tous les musées et particulièrement dans le Louvre.

Une fois nous voulions faire un voyage à Paris pour montrer la ville aux tantes et oncles de ma mère. En voiture, je remarquais que j´avais oublié mon passeport. Mon père était très en colère car il fallait retourner à la maison pour le prendre. Ma famille était très contente de voir Paris et toutes ses merveilles et à la fin c´était une belle visite sans complications.

Donc, je connaissais surtout l´Alsace, Paris et Lyon et un peu le sud de la France (Cannes et Nice en particulier où je faisais des vacances avec mes parents). Quand j´étais partie à Florence en Italie pour faire mon doctorat j´étais assignée à une professeure française qui s´appellait Laurence et qui était presqu´aussi autoritaire que Madame Spresny. Elle attendait beaucoup de ses étudiants et ne se contentait jamais de faire dans la demi-mesure. Du début on s´entendait très bien et la relation prof-étudiante ne s´altérait que quand j´avais assez de sa dominance. Je partais à Paris pour participer à une conférence, mais au lieu de poursuivre mes études je me retrouvais au milieu de toutes sortes d´aventures. Je vivais littéralement sur la rue, rencontrais de gens totalement inconnus (parfois aussi des vedettes) et cherchais mon ami Anke qui vivait à Paris à l´époque.

De retour en Allemagne, je voulais finir mon doctorat et faisais une candidature pour une bourse à l´institut historique allemand à Paris où je restais trois mois. C´était un temps magnifique avec mes co-boursiers et de nouvelles amitiés. Je travaillais beaucoup et étais contente d´avoir fini mes études. Paris est un lieu magique et comme tel je vais le garder dans ma mémoire !